Réflexion

Le soleil se cache derrière les nuages de cette journée douce d’hiver. Les fenêtres ouvertes, je prépare cette journée pour un changement d’énergie, un renouveau. C’est un nouveau cycle qui s’ouvre en moi et j’ai envie de l’accueillir joyeusement, dans un espace propre et prêt à le recevoir. J’ai envie d’écrire au sujet d’une réflexion qui m’habite depuis quelques semaines..

Cela fait maintenant quatre mois que je vis en Amérique du Sud. Le Chili m’a laissé découvrir une géographie magnifique, impressionnante.. des forêts anciennes a l’énergie élévatrice, des volcans à l’esprit fort, puissant, un océan dont les vagues parcourent mon être, nettoyant, modifiant, transformant, un ciel changeant, un territoire se transformant de sable en argile, d’argile en terre, de terre en glace et.. un peuple à l’histoire triste, violente, dévastatrice.

Les traces de la colonisation sont si présentes, si évidentes, pas permanents, humains déchirés..

Le territoire du nord du Chili est pollué depuis des nombreuses années par des compagnies minières étrangères qui viennent extraire et s’en vont.. un «modelo extractivista» bien commun, pratiqué surtout au sud de l’Équateur par des pays qui se vantent d’avoir des lois environnementales avancées, qui bien souvent protègent leur propre territoire au détriment d’une exploitation qui se fait ailleurs, un ailleurs que l’on ne voit pas. Durant les quelques semaines que j’ai passées dans le nord, j’avais bien compris que l’eau n’était pas buvable, contaminée par de nombreux métaux lourds et que l’air que je respirais devait être d’une qualité similaire pour mes poumons.

Le territoire du sud du Chili souffre des coupes successives des forêts natives au bénéfice de quelques compagnies forestières qui replantent par la suite des eucalyptus et des pins, territoires de monoculture de ces deux espèces bien aimées d’un point de vue économique. Cet aménagement forestier a contribué à la création d’une véritable guerre entre un des peuples natifs du sud du Chili, le peuple mapuche et le gouvernement chilien.

Les territoires agricoles sont surtout utilisés pour l’exportation de céréales, fruits, légumes, noix, semences vers le nord du monde. En fait, les meilleurs produits agricoles sont exportés vers d’autres contrées.. si vous trouvez des bons fruits bios du Chili (ou de beaucoup d’autres pays) durant l’hiver, sachez qu’ici, personne n’a accès à ce type de produits. Sans parler que l’agriculture biologique qui est importée au Québec provient d’un modèle de monoculture. Les mêmes compagnies qui contaminent la Terre détiennent également des terres où ils cultivent en mode bio pour les pays soi-disant «riches».

Ce ne sont que quelques observations de ce modèle d’exploitation bien pratiqué partout en Amérique du Sud. Les bons chocolats biologiques du Pérou ou de l’Équateur sont introuvables dans les dits pays.. ainsi que tous les autres produits biologiques que nous pouvons acheter grâce aux groupes d’achats au Québec.. ce sont des produits accessibles à un groupe de personnes qui constitue d’une certaine forme une «élite», puisqu’ils sont les seuls à y avoir accès.
Tout ça m’a bien fait réfléchir.. qui était-je pour profiter de tous ces produits de bonne qualité au Québec? Pourquoi le mériterais-je? Pourquoi participais-je à cette philosophie mercantiliste où un petit groupe de pays du nord profitent des territoires du sud? Pour nourrir un petit pourcentage d’humains, des millions d’hectares de terre agricoles sont cultivés en monoculture à travers le monde. Qui dit monoculture, dit absence de forêts, de biodiversité, d’écosystème sain.. c’est un modèle maintenu à la respiration artificielle.. un gaspillage immense de ressources.

Nous vivons à l’ère du gaspillage. Gaspillage des terres, des forêts, de l’eau, des produits de la terre, des matières extraites à la terre, de l’énergie, de la vie..

Gaspillage de notre énergie vitale, notre énergie d’humains. Bien souvent nous travaillons pour obtenir un argent fictif nous permettant de maintenir un mode de vie qui nous garde bien confortables.

Et si, dans l’humilité, on commençait à observer la trame de notre vie? Personnellement, j’observe ma vie et je vois le monde comme un miroir de la propre dynamique que j’y ai entretenu. J’ai gaspillé beaucoup, en commençant par mon énergie créative. Aujourd’hui, j’ai envie de commencer un nouveau cycle. Un cycle où je me connecte avec la simplicité. Si chacun des gestes que je posais dans une journée était fait dans la pleine conscience, je crois que je pourrais réduire le gaspillage. Manger sainement, mais être plus consciente des besoins de mon corps et de l’énergie des aliments qui me nourrissent. Travailler, offrir mon énergie physique, mais pour construire un monde plus joli, plus sain, plus abondant, mais plus conscient. Dédier chaque instant à la création d’un univers de magie, de joie, d’amour, de santé, de danse et de célébration de la vie. Nous pouvons nous tromper, mais regardons avec les yeux du cœur et nous décèlerons nos erreurs plus hâtivement.. nous observerons les répétitions, nous allons pouvoir ouvrir un espace au changement. Aucun réel changement n’est possible lorsque l’on garde les yeux intérieurs fermés.

J’ai appris que le monde extérieur est un miroir de notre monde intérieur. Je crois profondément que si l’on cultive joliment son monde intérieur, si on lui accorde notre attention et notre amour, le monde extérieur changera automatiquement. L’ère du gaspillage n’est qu’un miroir du gaspillage que nous permettons chacun dans nos vies. De toutes les formes. Lorsque nous offrons notre temps à une activité qui ne nourrit pas, lorsque nous faisons des choses qui éteignent notre étincelle de vie «parce qu’il le faut, parce que c’est comme ça», lorsque nous achetons des choses neuves que nous pourrions fabriquer soi-même, lorsque nous nous gardons dans une relation toxique pendant trop longtemps..

Nous vivons dans un monde magique où tout a la possibilité de s’auto-créer. N’importe quel argument nous montrant un rêve, une création comme étant impossible, n’est que fabulation de notre tête. Nous sommes tellement créatifs que nous créons nous-mêmes le rêve et son contraire! Nous créons notre propre état d’«impossibilité», un état d’immobilité.

Je vous invite à observer votre journée et à vous demander.. qu’ai-je cultivé aujourd’hui dans mon quotidien? La vie est une suite de «quotidiennetés» qui est le produit de notre propre esprit créatif, notre capacité d’inventer une réalité, des réalités, des multiples réalités..

Cette réflexion m’amène à davantage d’observation et d’acceptation. Elle me donne aussi l’énergie du changement, changer ce qui m’apparaît comme malsain ou faux, ce qui m’empêche d’être fluide comme l’énergie d’une rivière, ce qui m’empêche de créer un univers diversifié et magique. Le modèle économique global n’est qu’un reflet du modèle que les humains cultivent dans leurs propres vies.. heureusement, à l’instant où nous réalisons cela, nous avons toutes les ressources, l’énergie et l’aide nécessaires pour créer une nouvelle réalité.

Préservons et cultivons des écosystèmes complexes à l’intérieur de nos êtres!

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