Poveste

C’est l’histoire d’un Petit Homme qui vivait seul au sommet d’une montagne. Le jour, il s’occupait de ses plantes, observait les oiseaux, cueillait des fruits dans les arbres de son jardin. La nuit, il se sentait terriblement seul. Une boule d’angoisse grandissante s’était installée au creux de son ventre.

Un soir, le voyant pleurer, la Lune le transforma en étoile. De là-haut, le Petit Homme put voir sa montagne. De son regard stellaire, il réalisa qu’un million de montagnes similaires à la sienne habitaient la Terre. Au sommet, un million de petits hommes dormaient chacun sur leur montagne.

Cette image le fit sourire.

D’un coup, il se sentit moins seul.

Il regarda alors sa montagne. Il la trouva belle. Son jardin brillait dans la noirceur de la nuit. Il regarda ses fleurs. Quelle délicatesse!

Petit Homme fut pris d’un amour fou pour toute la vie qui respirait autour de lui. Son amour rayonnait si fort, la boule d’angoisse se dissout en mille éclats de poussière d’or.

Lorsqu’il se réveilla ce matin-là, au milieu de son jardin, Petit Homme était tout léger. Des ailes multicolores avaient poussé durant la nuit.

Alors, il se laissa planer et se transforma en fleur et puis en fruit et puis en rivière et puis en arbre… et il fut tout et rien à la fois.

Petit Homme n’était plus seul.

Il était Tout ce qu’il voulait, au milieu d’un million de montagnes.

Illusion

Mouvement doux d’un autobus qui fraie son chemin au-delà de la nuit des yeux. Regard rêveur. Devant, une montagne sans fin d’une imposante présence, parsemée d’éclats de neige, ombres de noirceur. Étonnement, respect devant la nature qui s’impose. Je me plais à imaginer le sommet de ce géant solitaire, dessinnant ses contours, admirant les traces de sa silhouette.
Au-delà de la nuit, il y eut un éclat de lumière, la luz que ilumina el alma, et la montagne me parut encore plus grandiose, quelle détermination sous ses racines millénaires, elle m’envoyait son souffle froid, m’enveloppait de ses bras puissants, éternels.

Elle sera quand je ne serai plus,
Temple de la conscience,
Hors du Temps.

À l’est de mon imagination, les premières lueurs du jour s’allumaient dans l’infini du ciel offrant à mes yeux la clareté.
Clarté d’une illusion si habilement créée par mon regard ébloui dans la nuit.
Clarté devant une irréelle réalité, irréelle illusion.
Devant mes yeux amusés, montagne dissipée, montagne éclatée n’ayant jamais existé ailleurs que dans les nuages de mon imagination.

Devant moi,
La neige fit place à des franges de ciel bleuté, le ciel matinal.
L’ombre du géant, les nuages foncés par le pouvoir de la nuit.

Illusion.

Tout me parut sous ce nom. Illusion.

Qu’est-ce qui ne se trouve pas sous ce nom?

Illusion.

Et mon sourire se fit songeur devant cette vérité qui se présentait à moi.

Et le ciel se montra dans son immensité, illuminant une plaine solitaire s’abritant sous ses ailes.

Illusion?

Énergie du mouvement

Dans la frénésie des pas, dans l’accumulation des odeurs, dans les bruits envahissant l’espace de mon corps, dans les images de misère humaine, je me demande ce qui crée le mouvement. Qu’est-ce qui donne assez d’énergie à tous ces humains en détresse pour continuer à jouer les rôles de leurs vies? J’imagine tous ces millions de personnes s’asseoir d’un coup. Révolte silencieuse des âmes en souffrance.

Ce mouvement perpétuel m’envahit et j’arrête presque de respirer.

La paix est un privilège.

Est-ce que j’y ai le droit?